Une sélection bienvenue pour Laura HABERSTOCK !

Notre région du Grand Est aura une représentante aux championnats du Monde cadettes qui se tiendront du 9 au 13 août 2017 à Santiago (Chili) en la personne de Laura HABERSTOCK (- de 63 kg). Licenciée au club de Pfastatt (68), la judokate, repérée par Cathy FLEURY, se prépare à vivre une grande et belle aventure. Dans les bagages qu’elle s’apprête à boucler, du talent, un sacré tempérament, une bonne dose de volonté, mais aussi un brin d’audace. Portrait…

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Laura HABERSTOCK, une battante, qui voit son travail et son engagement récompensé…

Laura a fêté ses 16 ans en avril dernier. Le judo, elle l’a découvert à Heimsbrunn à l’âge de 7 ans, décidant l’année suivante de s’y investir un peu plus, au club de Pfastatt (aux abords de Mulhouse), encadré par José ALMOUZNI, 5ème dan. À ce dernier, n’allez surtout pas dire que son club est « petit ». « On a tout de même sorti des jeunes de qualité ! », indique le Haut-Rhinois, citant entre autres ses élèves pensionnaires ou futurs pensionnaires de Pôles Espoirs ou Pôles France, Landry BERNHEIM, Romain MARGATHE (à la rentrée prochaine), mais aussi Erwan BOUCARD (médaillé de bronze aux France cadets 2016) et Karl HILBER, tous deux ayant rejoints les rangs de l’A.C.S. Peugeot. « Et Laura qui, à l’issue de trois années de classe départementale à Mulhouse avec Patrice MARECHAL et Nicole SCHNOEBELEN, a tout naturellement, par son sérieux, son engagement et sa motivation, intégré le Pôle Espoirs de Strasbourg en septembre 2015 ».

Le club, qui existe depuis 1984, est fort de quelques 126 licenciés. Une structure conviviale et familiale, qui a fait de la formation des jeunes son crédo. « On me donne des graines, à moi de les faire germer », souligne le technicien. « Laura était une gamine très studieuse. Toute jeune elle s’est intéressée au judo, et était admirative des grands champions qu’elle voyait, au tournoi de Paris notamment. A Bercy où je l’ai emmenée, elle s’est jurée d’être un jour aussi sur les tatamis… ».

Aux entraînements, la judokate s’accroche, va au contact, répète inlassablement ses gammes, écoute les conseils, n’a de cesse de vouloir apprendre et progresser. « Je ne l’ai jamais ménagée, elle ne s’est jamais plainte. C’est une fille très discrète, mais incroyablement volontaire. Elle dispose d’une formidable capacité de travail. Toujours égale à elle-même, elle ne se décourage jamais. Lors des différents exercices, souvent intenses, elle ne s’économise pas, loin de là. Perpétuellement en recherche d’efficacité, elle en arrive à être très pointue dans sa gestuelle, approfondissant ses techniques jusque dans ses moindres détails ».

Cette tendance « perfectionniste » lui permettra d’atteindre, en mars 2016, la ceinture noire tant convoitée. Une simple étape cependant pour la jeune fille qui ambitionne, de longue date, de se frotter aux meilleures de sa catégorie. José, son professeur, y est pour beaucoup, ayant construit un socle de connaissances plus que solide. Mais aussi un certain Bruno CARABETTA (médaillé de bronze au J.O. de Séoul 1988) qui, l’œil affuté par de nombreuses années au plus haut niveau, a su déceler en elle, lors des entraînements au club, son formidable potentiel. « Laura, il faut que tu changes ton judo » lui dit-il un jour. « Si tu continues comme cela, tu vas droit dans le mur. Il faut ouvrir ton judo, et le laisser s’exprimer. Alors seulement tu pourras espérer percer ! ». Un déclic ? Probablement. Fidèle à sa persévérance, elle n’aura de cesse, encore plus, de s’améliorer, de viser le geste juste. Une attitude qu’elle cultive et approfondit au Pôle Espoirs de Strasbourg, suivant les précieux enseignements de David CHARLES, Alexandre LHOMME et Sébastien GIRARDEY. Un travail payant. En 2016, elle enchaîne les bonnes performances, 2ème à Amnéville, 2ème à Harnes, 3ème à Troyes, 5ème à Cannes, 1ère à la ½ finale cadettes de Dijon. Première récompense de rang, du bronze aux championnats de France cadettes en avril dernier. Cette médaille nationale, formidable tremplin vers l’international, lui offre sa qualification au F.O.J.E. (Festival Olympique de la Jeunesse Européenne), programmé du 22 au 29 juillet à Gyor en Hongrie.

S’en suit une sélection à l’Européan Cup de Bielsko Biela en Pologne au mois de mai. Au final, 9ème seulement. Mais les trois combats et les deux victoires acquises suffiront cependant à séduire le staff de l’équipe de France. Lors des stages également elle se fait remarquer, à Strasbourg tout récemment (stage franco-allemand), puis à Cologne les jours derniers, par son engagement et sa motivation. C’est Cathy FLEURY, ancienne championne olympique et responsable nationale des cadettes, qui lui a annoncé sa sélection aux championnats du Monde. « Ils m’ont donné ma chance suite à mon excellent comportement en Pologne », raconte la jeune fille, radieuse. « Mais aussi par mon attitude, mon investissement sur les différents stages ». Et de compléter, « cette sélection, je ne m’y attendais pas du tout ! C’est une surprise. Cathy m’a expliqué que j’avais les capacités pour faire quelque chose. Les entraîneurs croient en moi, et me donnent ma chance ! C’est juste un rêve ! ».

Un privilège certain, dont la Haut-Rhinoise a pleinement conscience. « Les F.O.J.E. constituent, du coup, une excellente préparation. L’objectif, ce sera une médaille. Aux Monde, j’irai avant tout pour apprendre, faire des combats, engranger de l’expérience. Certes, il y a une certaine pression, car j’ai envie de bien faire. Mais je suis fière de représenter la France, cette sélection est motivante, et je donnerai le meilleur de moi-même… ».

« C’est une consécration ! », livre son professeur José ALMOUZNI, pas peu fier de sa protégée. « Cette sélection récompense tout le travail fourni depuis de longues années. Laura a tous les atouts pour réussir, et bénéficie également du précieux soutien de ses parents, de son papa judoka surtout, qui la suit en compétition. J’espère qu’elle ira loin. Mais j’estime que l’important n’est pas de gagner, c’est de ne pas perdre… ».

Cette titularisation en – de 63 kg valorise l’investissement familial, celui du club, du département, mais également de la Ligue. Une chance pour le Grand Est, et un honneur pour la jeune fille, excellente élève de surcroît, qui intègrera une première « S » à la rentrée prochaine au Lycée Louis Pasteur de Strasbourg. Il se raconte surtout que lorsque cette dernière a quelque chose en tête et qu’elle est bien décidée, elle a pour habitude de ne rien lâcher et d’y aller à fond. Voilà ses futures adversaires prévenues…

Ci-contre les sélections pour les championnats du Monde : Cadettes  –  Cadets