A.G. Ligues ALSACE CHAMPAGNE-ARDENNE LORRAINE / GRAND EST

Grand moment d’histoire ce samedi 25 juin 2016 à Tomblaine (54), qui a vu se constituer la nouvelle Ligue du Grand-Est de Judo, réunissant les trois régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. Une page importante s’ouvre, laissant entrevoir de prometteuses perspectives pour l’avenir…

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Au courant de la matinée, chaque région s’est réunie en assemblée générale. Ici, celle de la Ligue d’Alsace…

Cette journée exceptionnelle avait commencé tôt dans la matinée, en présence de Jean-Luc ROUGE, président de la F.F.J.D.A, Jean-René GIRARDOT, vice-président et secrétaire général de la F.F.J.D.A. et Didier ROUSSEAU, vice-président et trésorier général de la F.F.J.D.A. Dans trois pièces distinctes de la Maison des Sports, trois assemblées générales, les toutes dernières, des ligues d’Alsace, de Champagne-Ardenne et de Lorraine. L’occasion pour chacune d’elles d’évoquer, non sans émotions, les campagnes et combats menés des années durant, tant sur le plan sportif, administratif, qu’humain. Ultime point d’un ordre du jour chargé, la dissolution des instances alsaciennes, champenoises et lorraines. Des instants solennels. Dans nombre de regards, un peu de d’amertume, forcément. « C’est dommage ! », confie François BLUEM, président de la Ligue d’Alsace. « J’aimais bien ce fonctionnement. Pour être honnête, je commence seulement maintenant, au bout de quatre ans, à le connaître. A vrai dire, ce processus de dissolution de ligue ne date pas de ce matin ! Cela fait quelques mois que c’est engagé. Maintenant, chaque « région » doit vivre avec ce qu’elle sait faire ». « Nous avons mis en place beaucoup de choses, on a quelques regrets forcément ! », reconnaît Murielle GERNY, secrétaire générale de la Ligue de Champagne-Ardenne, qui représentait le président Robert CHAIGNEAU. « Un peu de tristesse aussi. Surtout que nombre d’actions ont été engagées au niveau de la formation professionnelle, c’est un secteur qui tenait à cœur à notre président. Maintenant, on se pose beaucoup de questions. Mais on essaye de rester positif, même si cela va être très difficile ». « C’est un moment plein d’émotions », indique Jean-Louis DUVERGEY, président de la Ligue de Lorraine. « C’est très particulier, cela n’arrive pas à tout le monde de devoir dissoudre pareille instance. Voir disparaitre notre structure, cela fait quelque chose, surtout quand on pense à tout ce qui a été réalisé. Pour autant, on gardera toujours, au fond de nous même, notre identité… ».

Midi vient de sonner, et les trois anciennes ligues appartiennent désormais au passé. Dans une ambiance pesante, les membres des trois instances sortent de leurs pièces respectives, non sans un petit pincement au cœur, pour se réunir dans la grande salle commune. Au centre, une estrade et des tables dressées, pour l’un des points d’orgue de la journée, la signature du traité de fusion.

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Instant solennel, la signature du traité de fusion avec, de gauche à droite Murielle GERNY (Champagne-Ardenne), Jean-Luc ROUGE (F.F.J.D.A.), Jean-Louis DUVERGEY (Lorraine) et François BLUEM (Alsace).

Il est 12h41. A cet instant précis, la ligue du Grand Est de Judo vient officiellement d’être créée. Une grande aventure attend maintenant nombre d’acteurs de notre discipline. Cette nouvelle Ligue et cette gouvernance novatrice était nécessaire. Précurseur en matière de fusion, le judo peut entrevoir ce changement de façon positive. L’occasion, pour beaucoup, de modifier les habitudes, de voir d’autres horizons, et de ne pas sombrer dans le repli, à l’instar du « Bexit ». L’occasion surtout de s’ouvrir aux autres, de créer des liens nouveaux, de resserrer ceux qui existent déjà, dans l’intérêt du judo, tout simplement.

Si, pour certains, cette perspective se veut réjouissante, d’autres, en revanche, se montrent plus nuancés, voir prudents. « Nous serons tout de même obligés de nous rencontrer, de parler ensemble », précise François BLUEM. «  Le tout numérique n’a pas tout simplifié, et les distances étant ce qu’elles sont, on va vite atteindre certaines limites. La Grande Ligue aura probablement quelques frais financiers en moins, mais les frais de déplacements et d’hébergement seront plus conséquents, alors que les subventions de l’Etat vont être diminuées de manière drastique. Cela va être une difficulté de gestion certaine pour les décideurs et élus ». Et de conclure, « je fais confiance aux cadres techniques. Nous sommes dans un système de professionnalisation. Qui dit professionnalisation, dit prépondérance de certains aspects, de l’organisation. Il faut avoir une vision très ouverte, très élargie du sujet, ce n’est pas évident. Mais on a la chance actuellement d’avoir une équipe technique régionale très efficace, qui travaille ensemble, les cadres se connaissent et s’apprécient. Etant, de plus, de la même génération, cela va donner quelque chose de bon. Je suis optimiste tout de même, tout en restant prudent… ». « Quand on pense à la superficie de cette nouvelle région, cela ne va pas être simple pour les déplacements et la communication ! », reconnait Murielle GERNY. « Je ne suis pas sûre que cette fusion soit vraiment bénéfique sur le plan financier, car on ne sait rien au niveau des subventions, ni au niveau des aides. On est dans l’inconnu. Pour autant, c’est une belle aventure qui nous attend. Il faut positiver, et aller dans le bon sens. De toute façon, nous n’avons pas le choix ! Ce que l’on a concrétisé ce matin avec la dissolution, puis cette après-midi, avec la création de cette nouvelle région, c’est donner raison aux suivants. On espère surtout qu’ils parviendront à forger quelque chose de bien… ». Du côté de l’encadrement technique, l’enthousiasme est réel. « La dissolution des Ligues, ça fait quelque chose ! », livre le responsable de l’E.T.R. du Grand Est, Sébastien GIRARDEY. « Sur les années qui viennent de s’écouler, de belles choses ont été construites par les comités de Ligue mais aussi par les comités départementaux. Forcément, on pense un peu à tout ça. Mais maintenant, on passe à une nouvelle étape. De tout façon, les gens avec qui on travaillait jusqu’à présent, on continuera de les solliciter, cela ne changera pas énormément. Je suis optimiste et confiant pour l’avenir, d’autant plus que nous avons une équipe de techniciens qui est soudée, on s’entend tous très bien, il y a de belles choses à faire. De beaux projets vont émerger, beaucoup ont des idées, ça va donner une impulsion nouvelle…».

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Première assemblée générale de la Ligue du Grand-Est !

14h30, amphithéâtre de la Maison des Sports. Toute première assemblée générale, élective, pour la Ligue du Grand Est. L’occasion de désigner l’équipe qui dirigera cette instance toute neuve. Pour la petite histoire, deux listes avaient été préalablement déposées, en mai dernier, auprès de la fédération. Celle menée par Jean-Louis DUVERGEY, ancien président de la Ligue de Lorraine, et celle de François BLUEM, ancien président de la Ligue d’Alsace. Cette seconde liste ayant été invalidée par le service juridique de la F.F.J.D.A. (non conformité du nombre de candidatures), seule celle du vosgien sera finalement présentée à cette assemblée du 25 juin 2016.

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Jean-Louis DUVERGEY vient d’être élu, et a rejoint la table centrale, aux côtés des dirigerants fédéraux et des invités…

15h55, les résultats des votes tombent. Jean-Louis DUVERGEY est officiellement élu à la tête du Grand Est ! Ce dernier n’a pas fait l’unanimité (862 pour, 389 voix contre), mais se montre satisfait malgré tout. « Pour être franc, nous étions préparés à cela », précise le nouveau dirigeant régional. « Etre élu à l’unanimité m’aurait vraiment surpris. Quelque part, il est bon d’avoir une opposition. Mon principal objectif maintenant est de faire avancer les choses. Avant le scrutin, je tenais à présenter ma première partie de projet, pour que les gens sachent où on va ! ». Et de compléter, non sans humilité, « je ne veux pas que l’on m’appelle « Monsieur le Président » ! Bien sûr, cela est important dans certaines circonstances. Mais je garde le même état d’esprit que précédemment. Je suis fier, bien sûr, d’être à la tête de cette grande ligue, mais je suis là avant tout pour travailler et essayer de faire avancer les choses ». Et d’insister, « avec tout le monde ! ».

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Jean-Louis DUVERGEY, un homme de consensus…

« Le judo est le premier sport olympique qui se constitue en assemblée du Grand Est ! », observe Damien KLEINMANN, représentant de Jeunesse et Sports. « On a conscience dans l’administration des efforts pour les élus, les bénévoles, les techniciens et les encadrants. Ce sont des efforts qu’on partage à mission égale car à notre manière, dans l’administration, on le vit également ! ». A noter que, dans le mouvement sportif, le rythme est beaucoup plus soutenu. L’administration, elle, dispose jusqu’à fin 2018 pour se mettre en ordre de marche. « Dès à présent, nous ferons tout le nécessaire pour que personne ne se sente « orphelin », et que chaque échelon, départemental ou régional, puisse continuer à avoir des interlocuteurs du côté de l’Etat », tient à préciser la D.R.J.S. « Ce sera nécessaire aussi du côté des collectivités. Mais il faut qu’on y aille tous ensemble, c’est un très grand défit en tout cas ! ».

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Le nouveau comité du Grand-Est avec, de gauche à droite : Frantz RALITE (secrétaire général), Jean-Louis DUVERGEY (président), Hervé LAHEURTE, Jean-René GIRARDOT (secrétaire général F.F.J.D.A.), Dominique PARAMANOFF (trésorier général), Sébastien CAQUAS, Jacqueline FERGEX, Jean-Luc ROUGE (président F.F.J.D.A.), Jean-Marie CANAVERO, Joëlle LECHLEITER (trésorière adjointe), Didier ROUSSEAU (trésorier général F.F.J.D.A.), Thomas MARCHAL et Mélanie SARI. Manquent sur la photo : Céline PENIN et Eric BEFORT.

Interrogé à l’issue de la photo de groupe, le président de la F.F.J.D.A., Jean-Luc ROUGE, semblait particulièrement confiant. « Ce matin, il y a eu beaucoup d’émotions ! », confie le dirigeant fédéral. « Il est vrai que chacun est attaché à sa région. Dans l’après-midi, on a vu une belle volonté de travailler ensemble, et ça, c’est une perspective qui est bonne pour l’avenir. Je crois que ça part sur de bonnes bases, et je ne peux que souhaiter le meilleur. C’est une bonne équipe, qui a l’envie et la capacité de travailler. Je leur souhaite vraiment bonne chance ! ».

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Jean-Luc ROUGE, “on a vu une belle volonté de travailler ensemble, et ça, c’est une perspective qui est bonne pour l’avenir !”.

Un challenge colossal, avec nombre de chantiers qui le sont tout autant, attendent en effet la toute nouvelle équipe élue. Pleine d’énergie et d’idées, disposant de compétences non négligeables, cette dernière est prête à relever le défi. «  Ce qui me préoccupe, dans l’immédiat, c’est de mettre en place, le plus rapidement possible des bases et des fondements solides », explique Jean-Louis DUVERGEY. « Et ce à tous les niveaux. L’olympiade qui vient (2016-2020) sera courte, et ne suffira probablement pas. Mon principal axe de travail, c’est de mettre à niveau l’ensemble, dans tous les domaines, pour tirer nos dix départements vers le haut. Toutes les décisions seront prises en étroite concertation avec ces départements, de façon à ce que les projets soient validés en connaissance de cause. Dans nos décisions, tout le monde doit s’y reconnaître. La mutualisation administrative est essentielle, mais ne doit pas être imposée. Tout doit être mis en œuvre pour le développement des actions (sportives et formation), mais aussi pour augmenter le nombre des licences. Sur l’aspect financier, le budget des trois anciennes ligues sera regroupé. Je souhaiterai surtout que chaque commission puisse avoir son propre budget de fonctionnement. Celui-ci pourra évoluer et changer selon certaines priorités… ».

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle région constitue, pour nous tous, une formidable opportunité. Tél le costume d’arlequin, composé de tissus multiples, aux textures et aux couleurs différentes, nous ne formons désormais qu’un. Au delà de nos différences, voire de nos divergences, c’est avant tout une formidable aventure humaine qui s’ouvre à nous. Ensemble, il nous est offert la possibilité de construire l’avenir. Agir pour l’avenir de notre discipline, c’est bâtir le judo de demain, et agir surtout pour les générations futures. Le judo ne peut qu’en sortir vainqueur !

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La toute nouvelle équipe régionale, avec les responsables des dix départements !