Riche expérience internationale…

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Le chaudron de Bercy, toujours aussi magique…

Nouvelle olympiade, et nouveaux défis en perspective pour nombre d’athlètes portant leurs regards sur Tokyo 2020. L’édition 2017 de ce Paris Grand Slam (11 & 12 février) s’annonçait comme toujours grandiose, dans un cadre de Bercy exceptionnel, pour un méga show médiatique, ouvert aux meilleurs combattant(te)s de la planète. Dans le lot, Mélodie VAUGARNY (A.C.S. Peugeot-Citroën Mulhouse) et Mélanie CLEMENT (Marnaval Saint-Dizier) défendaient les couleurs de la France, mais aussi celles du Grand Est, toutes deux désireuses de s’illustrer en – de 48 kg, dans un contexte très haut de gamme…

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Mélodie VAUGARNY ne s’est pas économisée face à la japonaise Ami KONDO. Elle est juste tombée sur plus forte qu’elle…

Une première pour la mulhousienne, récente médaillée de bronze aux France de Montbéliard en novembre dernier. « Ça fait tout drôle d’être ici ! », confiait la combattante aux abords du tatami d’échauffement. « J’ai l’habitude de voir toutes ces filles-là à la télé ! Lors des tirages au sort, j’ai vu mon nom à côté d’elles, ça m’a fait quelque chose. C’est là que j’ai vraiment réalisé que j’y étais ! ». Pour son entame, Mélodie est opposée à la chinoise Yao XIONG. Un premier tour conclu par ippon en moins d’une minute. Idéal pour le moral avant le tour suivant, face à une médaillée de bronze olympique de Rio et championne du monde 2014, Ami KONDO. La japonaise, fidèle à son tempérament d’attaquante, mettra par deux fois la mulhousienne en difficulté, sur haraï-goshi et sur moroté-seoi-nage, sans toutefois marquer ippon. Suffisant cependant pour poursuivre sa route, et bloquer le compteur de l’alsacienne au second tour. « En face, ce sont des adversaires qui sont très fortes », admet Mélodie, réaliste à l’issue de sa compétition. « Ce sont des filles que je n’ai pas l’habitude de prendre, ni à l’entrainement ni en compétition. Du coup, c’est un peu difficile de se dire qu’il est possible de les battre. C’est un peu ce qui m’a manqué sur mon deuxième combat ». Et de préciser, « ce n’est pas facile dans ce contexte de combattre des filles pareilles. On ne peut pas parler de pression, je n’en ai pas, je ne peux pas dire que j’ai été stressée. C’est plus le manque de confiance en soi qui est un peu pénalisant. Ma première rencontre face à la chinoise s’est plutôt bien passée. A ce moment là, je me suis dit que les choses sérieuses allaient commencer. Je savais que j’allais avoir un gros match face à la japonaise, très expérimentée. Je suis ici justement pour prendre des filles comme ça ! Difficile dès lors de se projeter sur une éventuelle victoire. Je pense que la prochaine fois cela ira mieux… ».

Un premier passage à Bercy, qui en appellera d’autres certainement, si elle continue sur sa lancée. « J’ai fait un beau combat face à la chinoise, j’espère que les entraîneurs l’ont vu et m’ont remarqué. Après, je m’entraine intensément tous les jours, j’espère que tout ce travail portera ses fruits, et me permettra d’aller au-delà d’un second tour à Paris ! ». A elle désormais de croire en ses chances, pour aller de l’avant…

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Mélodie dispose d’un beau potentiel. A elle de l’exploiter au mieux…

La double championne de France (2015, 2016), Mélanie CLEMENT, participait quant à elle à son troisième grand chelem parisien. L’AccorHotels Aréna et son ambiance particulière, elle connaît déjà. Sa première rencontre du jour, face à la roumaine Alexandra POP, sera rondement menée. La champenoise, sans pour autant marquer, mettra la pression sur son adversaire, la faisant pénaliser à deux reprises pour non combativité. Durant le golden score, la roumaine sera à nouveau sanctionnée, cédant sous la pugnacité de la française. Le tour suivant, plus accroché face à la russe Irina DOLGOVA, se conclut également au golden score, à l’issue d’une longue bataille de 7’46. Là aussi, Mélanie, plus déterminée et plus offensive, pousse son adversaire à la faute (fausse attaque). Le quart de finale face à la coréenne Bo-kyeong JEONG, vice-championne olympique 2016 de la catégorie, s’annonçait rude. Et malgré toute la bonne volonté de la champenoise, toujours à l’attaque mais sans réussite, la rencontre se conclut sur waza-ari pour la coréenne, plus lucide sur la fin du combat.

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Un beau combat entre la champenoise et la coréenne. Cette dernière prendra toutefois l’ascendant, malgré une Mélanie CLEMENT très combative…

Restait alors les repêchages pour espérer décrocher une médaille. Mais ces derniers ne lui seront guère favorables, l’obstacle serbe (Milica NICOLIC – future médaillée de bronze) restant infranchissable, malgré l’envie d’aller plus loin. « Les filles que je prends aujourd’hui s’entraînent deux à trois fois par jour, tous les jours », explique la sociétaire de Marnaval, quelque peu frustrée à l’issue de sa défaite. « Elles n’ont qu’à penser au judo. C’est peut-être cela qui me manque, et sur quoi ça a pêché aujourd’hui. Mais je vais retourner vite au travail, et ne pas lâcher l’affaire ». La champenoise, ne l’oublions pas, dispose d’un parcours quelque peu atypique dans l’univers du très haut niveau. Alors que la très grande majorité des filles s’entraînent à l’INSEP quotidiennement, Mélanie passe ses journées en salle de classe, avec ses petits élèves de CM1. Et dans cet univers, la toute jeune institutrice s’éclate. « J’aime mon métier ! », précise cette dernière, tout sourire à nouveau. « Je prends du plaisir avec les enfants, mais aussi en judo. Pour le moment, ça ne se passe pas trop mal. Mais il est clair que la quantité d’entraînement dont je dispose est différente… ». Et de compléter, « dans l’ensemble, il y a tout de même beaucoup de positif sur cette journée. J’ai progressé dans certains secteurs, cela s’est remarqué sur les combats, et je suis assez contente. Mais après, je fais encore des erreurs qui coûtent cher, et qui ont permis à mes adversaires d’en profiter. A moi maintenant de repartir au travail, pour revenir plus forte l’année prochaine et aller chercher une médaille ! ».

Un rêve, certes, loin d’être utopique. C’est l’avis en tout cas de son coach du jour, Séverine VENDENHENDE, entraîneur du « groupe élite » féminin. « Mélanie réalise un beau parcours ! », confie l’ancienne championne olympique (2000). « Après, sur la rencontre qu’elle perd en repêchage, il y a un petit relâchement, c’est dommage. Si elle avait terminé son combat comme elle l’avait commencé, elle aurait pu passer… ». Interrogée sur le potentiel de son athlète, l’encadrante de l’Equipe de France se veut optimiste. « Il est vrai que son profil est vraiment inhabituel. Les derniers temps, elle avait du mal à venir deux fois par semaine sur l’INSEP, elle a de réelles contraintes sur le plan professionnel. Mais c’est une fille qui possède de grandes qualités. Elle pourra passer un cap si, en terme d’entrainement, elle va plus dans le dur et dans la régularité. Aujourd’hui, avec ses qualités, elle termine 7ème sur ce Grand Slam de Paris, et a montré de belles choses. Mais dans l’engagement au niveau international, ça manque encore d’automatismes. Ça manque d’expérience aussi. A l’entrainement, il lui faut des filles en face qui ont du répondant, et la mettent en difficulté ». L’avenir, elle l’entrevoit plutôt positivement. « Ça va prendre un peu de temps, mais elle a les cartes en main pour aller plus loin. Pour l’édition 2018, ce sera peut-être plus facile, tout dépend maintenant de la suite de sa saison. Si elle parvient à faire les stages ou elle se retrouvera confrontée aux meilleures étrangères, ce serait bien. Elle pourra vraiment progresser. Bien sûr, il y a du boulot, mais c’est accessible. Si elle se donne les moyens, elle a toutes ses chances pour réussir… ».

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Avec ce qu’elle a montré ce samedi 11 février, Mélanie peut nourrir de belles ambitions pour les années à venir…

Un grand bravo en tout cas à Mélodie et Mélanie ! Même si toutes deux ont encore beaucoup à apprendre sur la scène internationale, elles ont surtout du talent, de l’énergie à revendre, et sont promises à un bel avenir…

Ci- contre les tableaux : GS 2017 FGS 2017 M

Résultats du clan français :

  • Médaillée d’or: Audrey TCHEUMEO (- de 78 kg)
  • Médaillés d’argent: Hélène RECEVAUX (- de 57 kg), Clarisse ABGEGNEGOU (- de 63 kg), Axel CLERGET (- de 90 kg), Cyrille MARET (- de 100 kg)
  • Médaillés de bronze: Pricillia GNETO (- de 57 kg), Margaux PINOT (- de 63 kg), Sama Hawa CAMARA (- de 78 kg), Emilie ANDEOL (+ de 78 kg), Baptiste PIERRE (- de 81 kg), Pape Doudou NDIAYE (- de 81 kg)
  • 5èmes: Anaïs MOSDIER (- de 48 kg), Astride GNETO (- de 52 kg), Marie Eve GAHIE (- de 70 kg), Eva BISSENI (+ de 78 kg)
  • 7èmes: Mélanie CLEMENT (- de 48 kg), Madeleine MALONGA (- de 78 kg), Vincent LIMARE (- de 60 kg), Loïc KORVAL (- de 73 kg)

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