Une battante ambitieuse !

Le 27 juin dernier à Varsovie, la sociétaire du club de l’Espérance 1893 Mulhouse (68) et du Pôle Espoirs de Strasbourg, Aya LOUCHENE, récoltait une médaille de bronze continentale chez les cadettes en – de 44 kg. Une remarquable performance pour cette petite plume de tout juste quinze ans, très discrète au quotidien, mais qui se révèle particulièrement redoutable en kimono.

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Le Grand Est regorge de clubs formateurs comme celui de l’Espérance 1893 Mulhouse. Aya LOUCHENE, ici avec son professeur Hugues LOUX, illustre parfaitement le potentiel de notre région, laissant entrevoir de belles perspectives…

« Une des forces d’Aya c’est son mental », prévient son professeur de club, Hugues LOUX, qui l’a vu grandir sur les tatamis Mulhousiens depuis son arrivée à l’âge de 6 ans.  « Lors des Europe, elle a commis une erreur qui lui a coûté une place en finale. Malgré la déception, elle s’est de suite remobilisée pour aller chercher la médaille ! Et elle l’a eu ! ». Une envie de gagner qu’elle cultive depuis ses débuts, et qui la place désormais parmi les grands espoirs du judo tricolore. « Là, elle vient de passer un cap », confirme son mentor. « Au vu de son potentiel, c’est une fille qui peut aller loin ! ». La médaille de bronze tout récemment acquise laisse effectivement entrevoir de belles perspectives pour cette représentante du Grand Est, qui ne cache pas ses ambitions sur la scène internationale. Entretien…

  1. Qu’est-ce qui t’a motivé dans ta démarche sportive et quel a été ton moteur pour intégrer une formation orientée vers le haut niveau ?

« J’aime bien gagner, c’est quelque chose que j’ai en moi, et qui m’a motivé dans ma pratique lorsque j’ai débuté. Le travail en club m’a construite, et a nourri m’a volonté de réussir. Intégrer un pôle m’offrait l’opportunité de devenir meilleure, de compléter mes connaissances et d’améliorer mes performances. Pour progresser, les structures offrent les outils nécessaires, en termes de cadre, de partenaires d’entrainements et de conseils techniques. Dans mon club d’origine, mon professeur, qui a cru en moi, m’a motivé dans cette voie et encouragé à vouloir toujours plus. Il me pousse à me surpasser à chaque fois que c’est possible, que ce soit à l’entrainement mais aussi en compétition, et ce depuis le plus jeune âge. Au Pôle ensuite, le discours est le même, à savoir tout donner et ne rien lâcher pour chercher des médailles. On s’inscrit dans une continuité, et cela semble me réussir pour l’instant ».

  1. Quels sont les avantages d’être en structure et quelles y sont tes ambitions ?

« Au pôle, nous disposons d’un volume d’entrainement conséquent, mais si on nous ménage aussi pour ne pas trop en faire. Cela a des répercussions tant sur le plan physique, au niveau du cardio surtout, qu’au niveau technique. En ce sens, l’évolution est certaine, on devient plus précis dans nos gestes, et les solutions proposées au cas par cas nous permettent de nous adapter à tout type d’adversaire. Nous sommes très encadrés, tant sur le tapis qu’au niveau de notre parcours scolaire. Je suis en seconde, allier études et sport constitue un beau challenge. Certes, ce n’est pas toujours facile, mais tout se passe bien. L’important est d’être bien organisé. Pour l’instant, cette filière sportive me plait et convient à mon tempérament de battante. Surtout, j’ai envie d’aller le plus loin possible, et espère pouvoir m’exprimer au niveau international. J’ai de belles médailles à chercher ! ».

  1. Ta récente médaille de bronze nationale t’a-t-elle libérée pour ces championnats d’Europe ?

« C’est plus ma première place à Berlin en avril dernier qui a créé le déclic. Cette victoire a renforcé ma confiance en moi. Ce que je déteste en compétition, c’est le stress. Du coup, avant une grosse échéance, je ne me mets pas de pression. J’essaye de prendre du plaisir en priorité, tout en me donnant à fond. Ce schéma m’a bien réussi à Berlin, et je l’ai reproduit aux Europe. De plus, le fait d’être tête de série m’a fait prendre conscience que je pouvais être capable d’un résultat, et qu’une médaille était à portée. L’avoir obtenue constitue une belle satisfaction, et me permet de me positionner au sein de l’Équipe de France. C’est de bon augure pour la suite… ».

  1. Quelles sont tes ambitions à court terme ?

« J’attends le verdict de la fédération pour les sélections aux Mondiaux qui se tiendront fin septembre au Kazakhstan. Si cela se fait, j’aurai à cœur d’aller chercher un résultat, voire même un titre. C’est mon rêve, mais je sais qu’il y a encore du pain sur la planche. Mes championnats d’Europe ont été riches en enseignements. A vouloir trop bien faire, je me suis précipitée. Une erreur comme ça à ce niveau de compétition se paye cash. Cette expérience, je ne souhaite pas la revivre.  En attendant, je vais avoir quelques stages de préparation, et je vais également m’accorder un peu de repos. Quelques jours de vacances en famille me feront le plus grand bien ! ».

Entretien réalisé par I.G. le 3 juillet 2019.

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Une belle médaille Européenne qui permet désormais à Aya de se projeter sur la prochaine échéance Mondiale…