
rencontre avec Nathalie FERRY
Découvrons aujourd’hui Nathalie Ferry, une passionnée de judo dont le parcours inspire par son engagement et ses valeurs. Découverte du club de Remiremont il y a 13 ans, cette maman a été séduite par cette discipline qu’elle a adoptée comme une véritable passion au fil du temps.
Depuis six ans, elle s’investit pleinement dans la vie du club, passant du rôle de pratiquante à celui de bénévole, puis de présidente, tout en œuvrant pour faire rayonner le judo dans la région. Dans cet échange, Nathalie nous parlera de sa vision du judo, de ses motivations et de l’impact qu’il a eu sur sa vie et celle de sa famille.
« Pour débuter, pourriez-vous vous présenter brièvement et nous retracer votre parcours dans le monde du judo ? »
Je m’appelle Nathalie Ferry. J’ai découvert le club il y a 13 ans en tant qu’adhérente car j’y ai inscrit mon enfant au judo et moi au taïso. C’est en pratiquant quelques séances de judo dans le cours « ado » de mon fils, que j’ai intégré le groupe de judo adulte. Cela fait 6 ans que j’ ai découvert cette discipline qui m’était complètement inconnue et aujourd’hui je travaille pour l’obtention de la ceinture noire.
Ce qui me booste, ce sont les liens que j’ai renforcés avec mon fils lors de la préparation des différents UV, mais également, c’est que dans le monde du judo on a cette sensation d’appartenir à une grande famille.

Ce qui m’a donné l’envie de m’investir comme bénévole, dans un premier temps, c’est cette ambiance conviviale présente dans le club de Remiremont et cet échange avec les autres pratiquants et professeurs.
J’ai vite intégré le poste de secrétaire et en 2020 j’ai été élue présidente. Grâce à la motivation des enseignants du club, j’ai pu ainsi ouvrir une section sportive judo au sein du collège Christian Poncelet et continuer le développement des sections sportives dans les 2 lycées du bassin Romarimontain.
En décembre 2025, j’ai été ravie d’inaugurer notre nouveau dojo. En arrivant au club, jamais je n’aurais pensé être la personne qui mènerai ce projet tant attendu à sa réalisation.
Je suis également bénévole au Comité des Vosges de Judo depuis 2 ans au poste de secrétaire générale.
« Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre engagement au quotidien ? »
C’est avant tout le partage avec les adhérents (taiso, judo) et notamment lors de la préparation aux passages de grades où les plus jeunes sollicitent mon aide. Effectivement certains sont intrigués de voir un adulte avec des fiches de révision.
L’échange avec les enseignants est important pour moi, savoir qu’il y a une équipe motivée pour développer les autres disciplines fédérales est stimulant. Effectivement être à l’écoute des professeurs, de leurs besoins, leurs idées et leur proposer d’initié d’autres activités permet une certaine effervescence positive au sein du club.
« Quels sont, selon vous, les principaux défis à relever pour devenir un bon entraîneur de judo ? »
Avant toute chose, je pense que le niveau technique est fondamental mais il ne suffit pas à lui seul. Il est également crucial d’aimer transmettre et trouver des solutions innovantes et adaptées pour faire accrocher les jeunes à la pratique.

« Dans votre club, vous proposez des cours d’éveil judo. Selon vous, quel est l’objectif principal d’un cours d’éveil judo ? »
Il y a une quarantaine d’enfants participants au cours d’éveil judo, répartis sur 2 cours. Le cours d’éveil judo commence à partir de l’âge de 3 ans.
L’un des objectifs est l’intégration des enfants dans un groupe car ce n’est pas toujours évident pour les petits de laisser leurs parents, de voir de nouvelles têtes qu’ils ne connaissent pas en dehors de l’école.
Nos cours restent une activité extra-scolaire, donc le but étant que les enfants s’amusent. L’intégration à la société, tout en se faisant plaisir, est le principal objectif.
« Quelle est la règle la plus importante du judo que vous enseignez aux enfants ? »
Le respect : le respect des règles, du cadre et de l’autre sont, pour moi, les plus importants. Quand les enfants débutent, il faut savoir où se placer, quand prendre la parole, ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire. Essayer de mettre de l’ordre dans le cours pour ensuite pouvoir proposer des séances qui se déroulent correctement.
« Quelles activités spécifiques ou jeux sont intégrés dans un cours d’éveil pour rendre l’apprentissage du judo ludique et attrayant ? »
Pour commencer les cours, les professeurs proposent à l’échauffement des parcours de psychomotricité ludique, comme les roulades avant sur des supports en mousse, passage dans des tunnel en tissu, slalome entre des cônes, sauts dans des cerceaux…
Puis, ils proposent des petits jeux d’opposition au sol qui permettent aux enseignants d’amener progressivement les jeunes pratiquants à l’apprentissage des immobilisations et retournements. Pour cela ils utilisent un vocabulaire adapté tel que « la prise du câlin », « la prise de l’ours » en parallèle du vocabulaire japonais. Et progressivement dans la saison, après l’intégration de ces bases, commencent quelques jeux d’opposition debout.

« Est-ce que des événements ou des compétitions sont organisés pour les enfants de ces cours, ou sont-ils principalement centrés sur l’apprentissage ? »
Oui, lors de nos challenges de secteurs pour les jeunes judokas, nous consacrons une rencontre « Baby judo ». Sur le secteur des Hautes-Vosges 2 rencontres sont proposées à tous les clubs du secteur. Elles se déroulent sous forme de petites compétitions à but éducatif avec un échauffement commun, soit sous forme de parcours psychomoteur, soit sous forme de jeux tel que le jeu du crocodile.
Lors du « randori éducatif » les enfants doivent appliquer le retournement ou l’immobilisation révisés lors de cet échauffement.
D’autres rencontres sont mises en place dans certains clubs Vosgiens où tous les clubs sont conviés.
« Comment se déroule une séance de judo éveil ? »
Un cours d’éveil judo dure 45 min, le professeur arrive plus tôt pour mettre en place les différents ateliers et accueillir les jeunes pratiquants. Souvent, les nouveaux n’osent pas aller sur le tapis, donc le temps que tout le monde arrive, les enfants sont en quartier libre. Les plus timides restent avec le professeur sur le côté du tapis car à leur âge ils observent beaucoup.
Puis une fois que tout le monde est arrivé, le professeur les installe en cercle pour faire le salut puis il explique comment le cours va se dérouler.
Ensuite il y a l’apprentissage des premières prises et la séance se finit généralement par un petit jeu de 5 min et retour en cercle pour faire le salut.

« Avez-vous inscrit également votre enfant au judo éveil ? »
Oui, il avait 4 ans et a fait ses deux séances d’essai mais ça ne lui a pas convenu. Il n’était pas prêt à découvrir une nouvelle discipline avec de nouveaux camarades donc nous avons attendu, puis il est revenu l’année d’après dans le groupe des grands.
« Quel message aimeriez-vous adresser à d’autres parents qui envisageraient d’inscrire leurs enfants à un cours d’éveil judo ? »
N’hésitez pas à faire découvrir cette discipline à vos enfants, c’est une étape de leur developpement où ils commencent à découvrir la vie en société en dehors du cadre scolaire. A l’éveil judo ils apprennent le respect de l’autre mais également de soi de façon ludique.
Et surtout, bouger dès le plus jeune âge est une forme d’éducation qui est importante pour le bien être physique mais également psychologique.
Mais pas d’inquiétude ! Si les enfants ne sont pas prêts pour le judo si tôt, cela ne les empêchera peut-être pas de pratiquer plus tard.
« Pour conclure notre entretien, pourriez-vous nous donner votre « mot de la fin »»
Je suis contente d’avoir pu découvrir le judo, même tardivement, car en plus d’une activité physique c’est une discipline avec de belles valeurs, celles du code moral. Merci aux membres de Remiremont Judo de m’avoir intégré dans leur équipe, de me faire confiance et de me permettre de vivre cette expérience enrichissante.

